48-Abbaye de Mercoire--Mend--langogne-1-152 (Copier)L’abbaye de Mercoire est une abbaye cistercienne, située à 1.225m d’altitude, sur la commune de Cheylard l’Evêque, en plein coeur de la forêt de Mercoire, au pied du Moure de la Gardille, proche de la source de l’Allier.

2-48-Abbaye MercoireElle aurait été fondée avant 1207, date à laquelle elle est citée dans un texte. La règle appliquée au sein de l'abbaye était celle de l'idéal monastique de Citeaux. (1)
Au XIIe siècle, Guillaume de Randon, baron de Randon en Gévaudan, offre une partie de la forêt de Mercoire aux moniales de l'abbaye, soit un sixième des 10.000 ha. Les premiers textes nous apprennent que l'abbaye était liée à l'abbaye d'hommes de Mazan, en Vivarais. Cependant, à ce moment-là, l'abbaye n'est rattachée à aucune maison mère.

Rapidement, l'abbaye démarre une belle croissance. Se développent la culture et surtout l'élevage sur leur domaine. L'abbaye fait aussi l'acquisition d'autres domaines, dont l'un vers Joyeuse en Vivarais, fief, depuis 1236, des  Chateauneuf de Randon. 
Elle bénéficie également de nouveaux dons de la maison de Randon, comme le domaine de Pont-de-la-Veissière et sa maladrerie, situé entre Langogne et Luc. Toutes ces propriétés leur procurent froment, seigle, poules, beurre, fromage, vin, huile, châtaignes... 

Le nombre de moniales atteint rapidement 50 religieuses consacrées, auquel il faut ajouter 15 demoiselles qui sont, soit des novices, soit des filles de la noblesse locale, élevées à Mercoire. Cependant, jusqu'en 1563, et le Concile de Trente, des hommes sont également présents dans l'abbaye, dont un chapelain.  Au XVe siècle, elles ne seront déjà plus qu’une quinzaine et sept à la Révolution.

4-48-Abbaye MercoireIl est vrai que l'isolement ne put préserver l'abbaye de destructions diverses. En 1773, un incendie détruisit tout le monastère, à l'exception de l'église et de la chapelle. Des dons importants permirent alors la construction de bâtiments neufs.
Arrivent  les guerres de religions consécutives au massacre de la Saint-Barthélémy. Le capitaine huguenot, Matthieu Merle, ravage une grande partie du pays. Vers 1578, il arrive à Mercoire et détruit le couvent. L'abbesse, Hélix de Rochemure, s'est retirée sur Mende avec les objets les plus précieux. Au début du XVIIe siècle, la nouvelle abbesse consent à vendre les possession en Vivarais pour reconstruire l'abbaye, puisque l'église comme les logements ont été détruits.
Peu de temps après, il est évoqué la possibilité de transférer l'abbaye sur Mende ou Langogne, mais l'idée est abandonnée en1659. Elles sont alors 16 moniales présentes en 1688.

En 1716, l'abbaye n'est pas en bon état. Si le réfectoire et les cellules sont toujours entretenus, l'église ne l'est plus. Les moniales se contentent de la chapelle attenante, dont les dimensions sont plus cohérentes avec leur nombre. 
Puis, en 1773, l'abbaye brûle presque entièrement. Seules l'église et la chapelle sont épargnées par l'incendie. L'église est alors cloisonnée pour pouvoir loger les moniales. Grâce à l'apport notable de Louis XV, roi de France, les bâtiments sont reconstruits assez rapidement.

6-48-Abbaye MercoireAu moment de la Révolution française, elles sont sept moniales, dont deux sont absentes.
L'inventaire de l'abbaye se déroule le 11 août 1790. Les diverses sources de revenus se montent à un total de 9 781 livres, 4 sous. Il n'est pas question des charges.

L'inventaire terminé, les religieuses sont interrogées et requises de déclarer « si elles sont dans l'intention de vivre dans leur maison avec les voeux contractés ou si elles veulent profiter de la liberté que la loi leur offre ». Les réponses consignées sont unanimes. Mme de Treilles, l'abbesse, et les quatre autres moniales présentes déclarent « vouloir vivre et mourir dans la communauté si elle vient à se soutenir sous les voeux qu'elle a pour cet effet contractés ». Deux soeurs, Françoise et Rosalie du Fayet de Chabannes, sont parmi les présentes.

Le 11 novembre 1790, une des absentes, Marie-Anne de Vergèses du Mazel, âgée de trente ans, écrit au district de Langogne et déclare vouloir vivre et mourir dans l'état qu'elle a embrassé. «Je me regarde toujours, dit-elle, comme membre de la maison de Mercoire. Je n'ai quitté l'abbaye, le 19 novembre 1789, qu'avec la permission de mes supérieurs. » L'autre absente, Anne de La Tour de Clamouse, déclare qu'elle est sortie de Mercoire « avec la permission des supérieurs et par ordre exprès du médecin... faire les remèdes nécessaires à sa santé » (25 janvier 1791).

Elles restent donc toutes à Mercoire, mais Le directoire du district de Langogne ne se presse pas de fournir la pension prévue aux moniales de Mercoire. Celles-ci, ne touchant plus leurs revenus, vivent dans une pauvreté voisine de la misère, sans se plaindre. Mais la rumeur publique avertit l'administration départementale de leur détresse. 

Le 14 juillet 1791, les magistrats délibèrent et accordent une provision de 1 800 livres, et le 6 août suivant, ils fixent à 1 500 livres la pension de l'abbesse et à 700 livres celle des moniales, pension payable de trois mois en trois mois par le receveur du district.

Le 15 juillet 1792, une perquisition a lieu, un voisin ayant dénoncé l'abbaye comme cachant des « suspects dangereux ». Mais l'enquêteur trouve seulement « les dames et les domestiques », aucune arme. Il laisse donc la maison à leur disposition.

En revanche, le 29 décembre 1792, plus aucune moniale n'est présente dans l'abbaye. En effet, la loi du 18 août 1792 dissout l'ensemble des congrégations religieuses, y compris enseignantes. 

L'abbaye est alors vendue comme bien national en 1793. Entre temps, Alexandre-Paul de Randon, le « marquis Rouge » de la Révolution française, député du Gévaudan, avait tenté de sauver l'édifice en voulant le faire classer comme hospice ou maison de charité. Le projet n'a pas eu de suite.

L'abbaye est rachetée par un propriétaire, en 1875, qui la transforme en ferme.

LISTE DES PREMIERES ABBESSES, établie par Hugues de Tems, à partir de la première abbesse connue en 1254, jusqu'à la dernière nommée en 1768. En tout, ce sont 29 abbesses qui se sont succédées à la tête de l'abbaye :

  • 1254 : Amable de Rochefort

  • 1262 : Randone

  • 1271 : Philipette

  • 1275 : Ponce

  • 1276 : Ferrande

  • 1305 : Ermengarde de Cénaret

  • 1316 : Arzens de Cénaret

  • 1322 : Guiette de Cénaret

  • 1328 : Valburgue de Joyeuse

  • 1373 : Saure de Peyre

  • 1381 : Alazie de Grèzes

  • 1434 : Maragde d'Arlande

  • 1461 : Cécile de Borne

  • 14?? : Jeanne I de Borne

  • 1466 : Marguerite I de Jonnas

  • 1486 : Louise I de Chalençon-Polignac

  • 15?? : Antoinette de Chalençon-Polignac

  • 15?? : Louise II de Rochemure la Bonne Abbesse

  • 1536 : Hélie de Rochemure

  • 1592 : Claudine d'Arcon

  • 1597 : Jeanne II de Rochefort

  • 1601 : Renée de Goys

  • 1624 : Madeleine Bayle de Chantemule

  • 1657 : Marguerite II de Molette de Morengiès

  • 1678 : Jeanne III Françoise de Noailles

  • 1686 : Hilaire de Reversat de Celetz

  • 1729 : Claire de Montmorin de Saint-Hérem

  • 1739 : Catherine I de Courdres

  • 1768 : Catherine II Sophie de Grégoire de Saint-Sauveur

 

(1) L'ordre cistercien (en latin Ordo cisterciensis) est un ordre monastique de droit pontifical. C'est une branche réformée des bénéictins, dont l'origne remonte à la fondation de l'aabbaye de Cîteaux par Robert de Molesme, en 1098.

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L'ordre cistercien joue un rôle de premier plan dans l'histoire religieuse du XIIe siècle. Par son organisation et par son autorité spirituelle, il s'impose dans tout l'Occident, jusque sur ses franges. 

Outre le rôle social qu'il occupe jusqu'à la Révolution, l'ordre exerce une influence de premier plan dans les domaines intellectuel ou économique ainsi que dans le domaine des arts et de la spiritualité.

7-Soeurs cisterciennes ND deboulaur4-1 Restauration de la règle bénédictine, inspirée par la réforme grégorienne, l'ordre cistercien promeut ascétisme, rigueur liturgique et érige, dans une certaine mesure, le travail comme une valeur cardinale, ainsi que le prouve son patrimoine technique, artistique et architectural.

48-Mercoire-Maison forestière-1942-600Maison forestière de la forêt de Mercoire, postée en 1942. Seul document ancien que j'ai pu trouver ! Aucun sur l'Abbaye de Mercoire. C'est vrai qu'en n'étant pas un lieu de visite, les photographes ne devaient pas être intéressés par le sujet. 

10-48-Abbaye de Mercoire-21En repartant de l'Abbaye vers le sud... arbre arraché par les éléments, juste en bordure de route, mais côté montagne, heureusement !!...

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Un peu plus loin, près d'un ruisseau, pierre servant certainement, par le passé, à une limite de terroir ou de propriété... rien de noté dessus...

Fin de la visite, qui j'espère vous aura intéressée, malgré le peu de photos... ce devait être un jour où je n'étais pas trop "décidée" !!^^^^