Chargé de repousser les Cimbres (peuple germanique originaire du Danemark) en Gaule cisalpine, et les Teutons aux alentours d'Arles, le général romain Caïus Marius, fit construire, aux alentours de 102 av.JC, le canal reliant Arles à Port-de-Bouc et passant par Fos-sur-mer. C'était une dérivation du Bas-Rhône, souvent ensablé, nécessaire à la logistique guerrière et économique.
Ledit général fit baptiser ce canal "Fossa mariana" dont le village perpétua le nom.
Les anciennes cartes postales sont des photos des cabanes de pêcheurs, au niveau de St Gervais, à Fos-sur-mer....

3-13-FosLa cabane au premier plan fait penser à celles de Camargue. Mais l'élévation du pignon est moindre et  la saillie du chevron se termine en pointe et non par une croix. La concavité du faîtage est le signe d'une faîtière fatiguée.

La cabane au deuxième plan diffère quelque peu de la première : les versants de la toiture sont plus pentus et semblent descendre jusqu'au sol, le pignon est enduit extérieurement et les rives de la toiture s'avancent légèrement pour protéger le pignon du vent et de la pluie.

Dans les deux cas, le faîtage est protégé des infiltrations de l'eau de pluie par une chape de plâtre.

1-13-FosLes deux cabanes visibles sur cette carte du tout début du XXe siècle ne sont pas les mêmes que les précédentes mais elles se dressent indubitablement à proximité, en bordure de ce qui est en fait un chenal, une cinquantaine de mètres plus en aval et non loin de la maisonnette à toit de tuiles qu'on aperçoit à l'arrière-plan de la vue précédente.

La cabane la plus proche de nous semble avoir reçu une nouvelle couverture de sagne et une nouvelle chape de plâtre alors que la plus éloignée a une toiture de feutre goudronné, qui a peut-être remplacé une couverture de roseaux.

Si l'on avait un doute quant à la fonction du bâtiment, il est levé par la présence d'un portique à filets de pêche du côté non visible.

3-13-FosLe point de vue a changé mais nous sommes toujours au bord du même chenal bordé de cabanes, simplement plus en aval... et quelques années plus tard : les deux cabanes de la carte précédente sont toujours là mais une moderne cabane de planches s'est glissée en intruse entre les deux. L'intervalle entre la cabane de planches et la cabane de sagne en amont est occulté par une clôture de claies de cannes. Un peu plus bas, s'alignent trois cabanes de sagne où l'on reconnaît les deux cabanes de la photo 1. L'intérêt de cette carte postale par rapport aux précédentes est de fournir une vue moins fragmentée de ce premier emplacement à cabanes.

4-13-FosSur une autre carte postale de la plage Saint-Gervais, antérieure de quelques années, on découvre, à l'extrême droite, la même cabane à croupe, dans sa quasi-totalité, mais aussi, à gauche, à l'emplacement de la cabane moderne en planches, la cabane à croupe qui la précédait, avec son faîtage dégarni augurant une fin prochaine.

20-13-FosL'anse de Saint-Gervais est dénommée ici « calanque » de Saint-Gervais. On aperçoit à l'extrême droite, coupée par le cadrage, la croupe de la cabane tout en sagne des photos  4 et 5 avec son arbalétrier-chevron pointant vers le ciel.

10-13-FosDans cette carte postale de la première décennie du XXe siècle, le photographe a posé son appareil devant une structure plutôt fruste, tenant à la fois de l'auvent et de la cabane végétale. Édifiée dans la continuation du pignon d'une cabane en bois couverte, semble-t-il, en tôle ondulée, cette structure au toit à double pente, est fermée et couverte de claies de roseaux, à l'exception de la moitié gauche de son pignon, occupée par une porte à claires-voies articulée apparemment sur le poteau de faîte. La faible pente des versants de toiture augure mal de l'étanchéité de l'installation. Le couple abrité par ce modeste logis semble avoir été surpris dans ses occupations par le photographe : on a comme l'impression que madame compte sur une prochaine prise de monsieur, en tenue de pêcheur à la ligne, pour préparer le repas...

14-13-FosLes cartes postales du début du XXe siècle nous font découvrir l'existence autrefois de cabanes tout en roseau servant à la pêche, à l'est du delta du Rhône, à Fos-sur-Mer, au bord d'un étang (dont le nom n'est pas indiqué) et au bord du golfe de Fos, à l'anse de Saint-Gervais. Il convient de rappeler que les zones palustres du littoral méditerranéen, depuis les Pyrénées-Orientales jusqu'aux Bouches-du-Rhône, ont connu ce type de cabanne. Celles de Fos-sur-mer, pour autant qu'on puisse en juger d'après ces trop rares traces photographiques, ne sont guère éloignées au plan architectural, de leurs consoeurs de Camargue, à la même époque.

J'ai trouvé cette étude passionnante ! Quoi de plus normal que de la partager !...

Réf. Christian Lassure,
Les cabanes de sagne de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) d'après des artes postales anciennes (The reed-built huts of Fos-sur-Mer, (Bouches-du-Rhône) as shown in old potacards).