Coquelicot : en cévenol, Rosèla, Cacalacà (ce dernier s'emploie plus pour la fleur)
et d'autres, comme Rausèlo, Grausèlo, Rouselle, Mourouselle, Rosela, Cacaraca, Parpèl, etc...
Nom scientifique : Papaver Rhoeas, famille des Papavéracées
Floraison : de mi-avril à août.

17-Coquelicot 03Son nom est une alitération sensée évoquer le chant du coq dont la crête écarlate est comparée aux pétales froissés de sa fleur.
Les coquelicots se propagent dans les champs fraîchement retournés après une longue jachère.
Les graines peuvent, en effet, rester en dormance dans le sol durant plusieurs années et germer dès qu'elles sont ramenées à la surface !
Le coquelicot pousse également au bord des champs et des routes sur sol en friche...

18-30-StFlo-Coquelicot3La consommation des coquelicots est des plus anciennes puisque quatre siècles avant J.C., Théophraste signalait l'utilisation de ses feuilles en salade !
On pense que la fleur a été importée de Mésopotamie en Europe, dès la préhistoire, en même temps que le blé...

Cependant, en Cévennes, de nombreuses personnes croyaient que les feuilles de coquelicot contenaient un somnifère puissant, croyance renforcée par la célèbre affaire de l'Auberge de Peyrebelle en Ardèche, au 19e siècle, où, d'après les rumeurs, les aubergistes endormaient leurs clients avec du pavot, selon les uns, ou avec du coquelicot, selon les autres.... avant de les assassiner pour les dépouiller !!

19-Coquelicot 01Pour le boudin ou la saucisse aux herbes, on prenait la rosette de coquelicot ou "rousèlo". La rosette est l'ensemble des feuilles en cercle étalées, en partant du centre de la souche. Elle avait la réputation des meilleures herbes à cuire de janvier à mi-avril.
La "bourbouillado" ou "bourbouillade" était un plat d'herbes sauvages dont la "rousèlo", très appréciée.
On les faisait bouillir, puis on les hâchait et on les mettait dans une casserole, parfois avec une petite quantité de farine, du lait et de la graisse de cochon. C'était laxatif, mais très appétant !!

CoquelicotOn tirait des graines noires un succédané d’huile d’olive. Séchant à température ambiante, elle a été utilisée aussi pour les peintures à l’huile avant d’être remplacée par l’huile de lin.   
Contre la toux, la coqueluche et les problèmes de sommeil, on faisait autrefois des infusions ou décoctions de pétales séchés contre la toux, la coqueluche et les problèmes de sommeil : les pétales se cueillaient le matin après la rosée et étaient laissés toute la journée au soleil pour un séchage rapide.

20-Coquelicot 07Pendant qu’elles gardaient les bêtes, alors qu’elles disposaient de peu de temps libre, les fillettes confectionnaient rapidement des poupées avec les coquelicots. Elles cueillaient un bouton avec un centimètre de pédoncule.
Elles ouvraient la fleur en écartant doucement les deux sépales verts, puis défroissaient les pétales en les tirant vers le bas : c’était la robe rouge (ou rose) et la cape verte.
Pour la tête, elles prenaient le pistil sur une fleur épanouie qu’elles coupaient à la base, et avec une fine tige d’herbe sèche, elles en faisaient un pivot pour placer le pistil sur le pédoncule.
Certains enfants en mettant un fruit de coquelicot pour faire la tête, en « faisaient » des curés ou des enfants de chœur qui portaient autrefois, très souvent, des robes rouges.