Une bien jolie histoire que celle de la chapelle N.D. de Lacham ! Vous allez la découvrir à travers les extraits de l'article, paru en 1936, de Louis Dardailhon, correspondant du Petit Marseillais pour le village du Martinet, après bien des recherches et l'étude du livre "Notre-Dame de Lachamp, reine de nos mines et de nos montagnes" écrit par l'Abbé Alphonse Albouy, en 1954, et curé du Martinet.

La montagne de la Cham (et non de Lachamp) de l’occitan cham (prononcer tcham) se traduit par "plateau inculte" ou "plateau pierreux", selon Pierre Mazodier, très féru et passionné d'occitan.


"C’est vers ce point que deux fois l’an les pèlerins des paroisses du Martinet, St-Florent, St-Jean-sur-l’Auzonnet, Robiac, Bessèges, Molières-sur-la-Cèze, convergent pour prier la mère des Souffrants. Combien de ceux qui ne craignent pas la dure escalade à travers les sentiers parsemés de pierres et d’éboulis."

1-30-LMrtnt"Bien avant que ne fut construite la chapelle actuelle, le sommet de la montagne sur laquelle on avait dressé une croix de bois, voyait déjà accourir les fidèles.

Sur cet emplacement, dit la légende, un certain nombre d’otages capturés par un des partis belligérants des Guerres de Religion, furent enchaînés et demeurèrent ainsi de longs jours....   C’est pour commémorer cet évènement qu’une première croix aurait été dressée sur ce sommet qui reçut alors le nom de montagne des Souffrants."

2-NDLp 11"Une version différente raconte que sur la montagne, vivait autrefois un ermite dont l’histoire tait le nom mais qui avait laissé sur la population une profonde impression de piété. Est-ce l’origine du nom de Saint-Suffren que l’on peut lire au-dessous de celui de Lachamp sur les cartes géographiques de la région ? Nous pensons qu’il s’agit plutôt d’une déformation de « Souffrants » par lequel on désignait ce sommet (montagne des Souffrants)."

3-NDLp 11"Dans les deux cas, on ne peut s’appuyer sur aucune donnée précise, et Mr l’abbé Marque, curé de St-Florent qui, vers 1875, entreprit des recherches à ce sujet, indique dans une brochure publiée lors de la construction de la chapelle, qu’il dût renoncer à percer les ténèbres qui enveloppent l’origine de la dévotion."

4-PlatoLachamVsRochess 06"C’est en 1878 que furent entrepris les travaux de construction du sanctuaire. Mr l’abbé Marque .... fut l'instigateur de cette œuvre. La population de la paroisse de St-Florent ...... se prêta avec enthousiasme à cette réalisation ; c’est grâce au concours de chacun que les matériaux purent être transportés au faîte de la montagne. Cependant vint un jour où les bonnes volontés se lassèrent, les ressources s’épuisèrent et, le découragement aidant, les travaux surent suspendus."

5-NDLp 11"C’est alors qu’apparaît dans l’histoire de cette laborieuse construction l’homme qui devait la mener à bien. Un gros propriétaire du hameau du Martinet, Mr Polge, passait pour riche. Il était très pieux et généreux et à la suite d’une guérison, disent les uns, de la conclusion inespérée d’une affaire, disent les autres, il prit en mains l’entreprise, lui donnant une impulsion nouvelle, surveillant lui-même les travaux et la menant rapidement à bonne fin."

6-NDLp 01"La chapelle fut construite en forme d’hémicycle de 25 m carrés, surmontée d’un clocher. Une porte en fer de 7 m de large en fermait l’entrée. Elle était entourée d’un mur d’enceinte au centre duquel se dressait une croix flanquée de deux petites. Sur la montagne, les 14 stations d’un calvaire avaient été érigées. L’inauguration eut lieu le 13 juillet 1879 en présence, dit-on, de deux mille pèlerins, mais la cérémonie fut contrariée par la pluie."

7-Nicol"Eloigné de toute habitation et par là-même sans surveillance, le pieux sanctuaire devait connaître depuis l’époque de sa construction jusqu’à nos jours, une période particulièrement pénible. Des vandales ne craignirent pas, profitant de son isolement, de causer toutes sortes de dégradations. Les uns à coup de fusil ou de pierres détruisirent les statues qui ornaient l’intérieur, d’autres pour sonner la cloche, démolirent toiture et clocher."

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11-N "Les croix qui se dressaient devant la chapelle furent arrachées tant et si bien qu’en 1921, l’édifice menaçait ruine. Mr l’abbé Boulze, premier curé du Martinet érigé depuis le 21 novembre 1913 en paroisse, dut procéder à la presque entière réfection de la chapelle."

12-NDLpTablo Ann50 15"En septembre 1928, Mr l’abbé Volle, curé actuel du Martinet, bénissait la belle statue « Mater Dolorosa » que l’on peut voir actuellement et les fidèles, le 3 mai et le 1er dimanche de septembre de chaque année, continuant la tradition, viennent des profondes vallées se recueillir devant la chapelle et prier la Mère des Souffrants."

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18-NDLpChants 11"Vers le nord-est, une large déchirure laisse découvrir la vallée de la Cèze se prolongeant jusqu’au Rhône, tandis que le Ventoux dresse au loin sa cime majestueuse, sentinelle avancée des sommets alpestres."

Au sud-est et au sud, le guidon du Bouquet, les monts Majart et du Rouvergue, ferment l’horizon, mais le regard peut parcourir les méandres capricieux que l’Auzonnet trace dans sa course et les calmes villages du Martinet, St-Florent et St-Jean-de-Valériscle.

De nos jours, l'association "Les Amis de Notre Dame de Lachamp", sous l'égide de Philippe Platon, continue d'entretenir, avec courage et détermination, la chapelle, son environnement et le traditionnel pélerinage du mois de mai : http://nddelachamp.free.fr/
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